Un Repas, Clothilde VALETTE

À propos :

Voilà bien des années que je viens ici les samedis de septembre.

Nous avions attendu toute l’année que les raisins fussent assez mûrs, assez gorgés de sucre.

Nous nous étions donné rendez-vous.

Nous travaillions toute la matinée, je me souviens que nous essuyions le gras du tracteur ou le jus de raisin avec nonchalance sur nos pantalons.

Au fur et à mesure que le soleil montait dans le ciel, les voix se faisaient plus fortes, on criait lorsque le seau était plein pour que les porteurs viennent le chercher et le vider dans les comportes. On chantait, on racontait des blagues, les enfants venaient nous aider, on jetait les nouveaux venus dans la benne du tracteur.

Quand nous avions fini le travail à la vigne, nous reprenions le petit chemin de pierre.
Nous avions faim.
Lorsque nous arrivions à la Bergerie, la table était mise.
Suzou, aidée de quelques enfants ou de tantes, avait cuisiné toute la matinée, elle nous attendait.